Peu à peu, les méninges commencent cependant à souffrir. Chaque note de la gamme a son siège dans la matière grise et, comme ce sont toujours les mêmes qui sont sollicitées, une ligne de crampe se dessine dans la tête. Le parcours de la musique devient le chemin de croix de l’influx mental. C’est d’autant plus bizarre que cela ne produit aucun décibel : il s’agit seulement de l’idée du son. Elle suffit à assourdir et à crisper jusqu’à la folie. Difficile de se libérer de ce que l’on a pris pour une libération. La technique « un clou chasse l’autre » se révèle inefficace : impossible de remplacer la partition toxique qui finit toujours par ressurgir des couches phoniques dont on l’a recouverte.
Amélie Nothomb, Journal d’Hirondelle.
La meilleure explication de ce qu’est la musique pour moi. Une obsession, une échappatoire et en même temps une prison. Je l’aime comme je la hais. La seule chose dont je suis sûre c’est que jamais elle ne me trahira. Elle traverse le temps et garde toujours cette émotion, cette capacité de me faire voyager, de rêver, d’oublier la réalité de ce monde qui me dégoute. La musique est toute ma vie.
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