vendredi 27 novembre 2009

Réveil

26/11/2009
7h38
Dans le bus Clermont-Ferrand/Lyon


Tout le monde semble dormir, enfin presque. Je n’ai pas réussi. Alors j’ai regardé le lever de soleil, les yeux vers l’est.

Au début tout est noir. Un noir lourd, opaque où quelques maisons et lampadaires pathétiques se battent en duel, à savoir qui sera le plus lumineux. Puis les voitures les unes derrières les autres qui forment un cortège de guirlandes de noël.

Petit à petit, une lueur étrange apparaît et les montagnes commencent à se dessiner à la manière d’une ombre chinoise. La différence est d’abord à peine perceptible, puis de plus en plus.

Les montagnes commencent à clairement se détacher du ciel aux lueurs bleu marine qui deviennent argentées, on commence à distinguer les nuages au-dessus. D’abord ces nuages légers, hauts dans le ciel, comme de longs coups de pinceaux à peine plus sombres. Puis les nuages plus lourds, plus compacts, plus bas de sorte à ce qu’ils se confondent avec les montagnes, jusqu’à ce qu’ils en deviennent une.

Peu à peu, le ciel se fait de plus en plus présent, de plus en plus clair, toujours en gardant cette teinte argentée, presque blanche.

Après l’argent vient l’or, l’horizon semble accueillir le soleil. Très lentement je commence à distinguer les champs, les arbres, quelques maisons.

À l’ouest, le bleu habituel commence à venir timidement dans le ciel. Les couleurs apparaissent, quelques nuages tentent de se maquiller d’orange.

Puis la réalité arrive et me tire de mes rêveries matinales.


07h54
Tout le monde est éveillé.

lundi 12 octobre 2009

questionnement

Quand la vie me gène, je me demande pourquoi .
En ce moment ce principe me poursuit et finalement m’obsède
L’idée purement subjective de la norme
J’ai étudié plusieurs fois cette notion en philosophie
en croyant trouver des réponses
mais à chaque fois tout est remis en question

Pendant longtemps je me suis sentie mise à l’écart
en me demandant pourquoi
dans ma naïveté je me disais qu’en restant moi-même on allait m’accepter
quelqu’un qui a partagé ce moment de ma (« jeune » entre GROS guillemets) vie m’a dit
« toi et moi, on est différentes, c’est peut-être pour ça »

Mais différentes par rapport à qui, par rapport à quoi ?

Je ne me sens aucunement différente de qui que se soit et je ne veux pas l’être
Ben apparemment il paraît que si
Ce qui me ramène à cette norme dans le sens de la normalité

Pour certains se démarquer des autres est une force et moi tout ce que j’attends c’est être comme les autres
Quand j’entends les gens qui disent « je ne veux pas faire comme les autres en faisant ça » j’ai envie de leur répondre « mais qu’est-ce que t’attends pour ne pas le faire, toi qui as la chance d’être normale ? »

Je me dis alors que moi aussi je juge les gens en les pensant normaux

J’ai toujours voulu être appréciée par les gens
Sous mes faux airs de « je m’en fous » j’avoue que quand même, comme tout le monde ça me travaille.

Je me dis qu’être normale c’est faire partie d’un groupe de gens normaux.
Je me dis qu’être normale veut dire socialement intégrée.

Mais mon putain de caractère désagréable et « rentre dedans » dérange et perturbe.

Mais bordel qu’est-ce que j’attends, qu’est-ce que je cherche ?

Alors je me dis que rester agréable me permet d’accéder à un statut
c’est justement ça qui me pourrit l’existence
Je me contrains alors à laisser mon « moi-même », à ne pas être moi-même
ce qui est désastreux pour mon humeur et destructeur pour mon entourage
peu à peu je m’éteins comme à mon habitude

Alors peut-être je me dis la normalité est tout ce qui n’est pas moi
Je m’exclus volontairement de cette notion de norme, ce qui est parfaitement égocentrique et égoïste

Je suis sûrement dans l’erreur

Car ce comportement m’est néfaste

Il faudrait qu’un jour je m’accepte comme je suis… ou que j’ai suffisamment confiance en moi pour croire que les gens m’acceptent
En tout cas c’est pas gagné!!!


je devrais me foutre de ces conneries
mais je n’y arrive pas



L'état normal d'un homme est d'être un original.
Anton Tchekhov